La volière
" Le site qui donne la parole aux amateurs et éleveurs d'oiseaux "

 

Mes Rossignols du Japon

LEIOTHRIX Lutea

Textes : Suzy Liebaert

 

Tous droits de reproductions réservés
Nos conditions

Chip-Chip et Tino
(le mâle est au premier plan)

Photo et élevage Suzy Liebaert
Tous droits de reproduction réservés

J'ai depuis peu quatre Rossignols du Japon.

Le premier s'appelle " Chip-Chip ". je l'ai reçu en cadeau, il y a quelques semaines, le jour de mon anniversaire : un très bel oiseau, un mâle garanti par l'éleveur d'où vient cet oiseau.

Le second, non les second et troisième viennent de France, achetés lors d'un voyage, grâce à un coup de téléphone d'un ami qui savait que je cherchais ces oiseaux pour essayer de les faire se reproduire. Je les ai nommés : " Chik et ChaK ".. Pourquoi ? Je ne sais pas !

Ces deux oiseaux vivaient ensemble depuis 4 ans dans une petite volière extérieure. Achetés comme " couple " à l'époque, ils n'ont jamais reproduit, mais ne se sont jamais battus, aux dires de l'éleveur. Quand on sait les batailles sanglantes et le duels à mort qu'il peut y avoir entre deux mâles Rossignols du Japon, je me suis dit qu'il s'agissait peut-être de deux femelles

Au moment d'installer les oiseaux dans une cage de transport lors de leur achat, le propriétaire me conseille de les mettre ensemble pour ne pas qu'ils s'ennuient pendant près de 900 Km de route en voiture.

Aussitôt dit, aussitôt fait !

Après une bonne heure de route, je m'arrête pour voir si tout va bien : Malheur ! Un des deux Rossignol a la tête en sang ! Ouvert entre les deux yeux sur presque un centimètre et demi !

Il y a urgence pour les séparer : je soigne le blessé : nettoyage à l'eau minérale, et heureusement que j'ai toujours un tube de pommade Homéoplasmine dans mes bagages. J'enduis la plaie de cette pommade antiseptique, et je mets le souffrant dans une autre cage, avec de l'eau et de la pâtée.

Je reprends la route !

A partir de ce moment là, j'entends, pendant presque tout le voyage, un des deux rossignols qui lance des cris d'appel, et un autre qui répond faiblement, mais à chaque appel de l'autre. Compte tenu de la faiblesse de la réponse, je redoute le pire…

En arrivant au terme de ce périple, les deux oiseaux sont vivants, la plaie du blessé est très gonflée, mais heureusement les yeux ne sont pas touchés, même si un œil est presque fermé suite à la tuméfaction.

J'isole chacun des oiseaux dans une cage particulière, et vogue la galère…

Le lendemain, pas de mort : Chak, le bléssé va mieux, mange et boit à son aise. Chik se porte comme un charme mais ne cesse d'appeler. Je décide de ne pas réunir les oiseaux tant que la blessure ne serait parfaitement cicatrisée.

Il y un dizaine de jours, un nouveau Rossignol est arrivé à la maison ! En fait, je suis allée le chercher à Strasbourg, où il m'attendait chez un ami éleveur.

Ce Rossignol, nommé Tino ( Tino..Rossi..gnol), a été laissé par ses propriétaires qui partaient au bout du monde ! Je dis " laissé " et surtout pas abandonné !!! Mon ami éleveur qui a gardé Tino en pension quelques semaines, m'a dit que la Dame avait pleuré en laissant son oiseau. (Message personnel : Madame, si vous lisez ce texte, écrivez-moi : je ne retrouve plus votre adresse mail).

Donc je suis allée chercher Tino à Strasbourg, où je l'ai trouvé tout à fait en forme !

Me voici donc avec mes quatre nouveaux pensionnaires, chacun chez soi dans cage, provisoirement. Tout le monde mange de la pâtée pour insectivores avec des pinkies, et Tino qui n'avait pas voulu manger de vers de farine à Strasbourg s'est rué sur la petite mangeoire pleine de vers bien vivants !

Allez comprendre !

Hier soir, je nettoyais les cages, et le dernier à mettre au propre, c'était justement Tino.. qui ; plus rapide que moi, s'est échappé de sa cage !

J'ai déjà perdu pas mal d'oiseaux comme cela, alors maintenant, prudente, je ferme toutes les portes et fenêtres.

Tino s'est donc envolé : comme ses précédents propriétaires m'avaient dit qu'il avait l'habitude de sortir tout seul de sa cage, d'aller dormir dans le ficus du salon, et de réintégrer sa cage au petit matin, je ne me suis pas inquiétée.

J'ai continué à nettoyer sa cage, mettre de la pâtée, des vers de farine, une petite bouteille d'eau fraîche et une autre de nectar : tous mes rossignols se régalent de mon nectar. Et pas uniquement mes rossignols du Japon : même mon perroquet, Craquotte, claque du bec quand je prépare ce doux breuvage, et elle boit avec délectation le petit pot rempli de cette boisson bourrée de vitamines.

Donc la cage est propre, alors je cherche Tino…

Pas difficile du tout à trouver : Tino est sur la cage de Chip-Chip, qui chante à tue tête en regardant vers le haut de sa cage.

Pendant une heure, Tino n'a pas bougé de cette place, ou alors il est allé " faire quelques ailes " pour se dégourdir, mais est toujours venu se poser sur la cage de Chip-Chip. Je précise qu'il aurait pu se poser sur les vingt cages qui sont dans cette pièce, ou choisir l'une des deux autres cages avec les autres rossignols du Japon.

Non, c'est là qu'il voulait être, et Chip-Chip chantait de plus belle !

Je me suis dit : ce Chip-Chip est en train de faire la cour à Tino ! Donc, je parie de Tino est une belle demoiselle (c'est aussi ce qu'un éleveur de Rossignol du Japon avait dit à mon ami Didier chez qui Tino était en pension à Strasbourg).

Je laisse encore quelques temps ces deux oiseaux, j'observe de loin.. Et je décide de faire les présentations.

Hop, j'attrape Tino, non pas sans mal.. Il.. " Elle " m'a fait damner la bourrique avec mon épuisette à la main. Mais bon, j'ai eu le dernier mot !

Tino (même si c'est une femelle, elle restera Tino en souvenir de ses premiers
" parents"), Tino donc se retrouve dans la cage de Chip-Chip..

Je suis là, prête à séparer les combattants en cas de bagarre soudaine.

Mais Chip-Chip chante de plus belle, encore et encore, pendant que, " Mademoiselle Tino" écoute attentivement, perchée sur le plus haut barreau, Chip-Chip sur le plus bas : c'est Roméo et Juliette version Rossignol !

Mademoiselle Tino s'est mise à manger, et à boire, Chip-Chip a continué de chanter, jusqu'à la tombée du jour, et a poussé une dernière roucoulade dans la nuit noire.

Le marchand de sable des oiseaux est passé…. Bonne nuit les oiseaux.

Ce matin, ma première visite fut pour le nouveau couple : aucun problème, Chip-Chip ne chante plus (il a sans doute besoin de reposer ses cordes vocales), Mademoiselle Tino vit sa vie…

Serait-ce un couple ? L'avenir nous le dira…

Au printemps, Tino et Chip-Chip auront droit à un véritable espace pour vivre, dehors, avec de la place, de la terre, des arbustes, un coin à l'abri pour l'hiver.

Au printemps Tino et Chip-Chip auront tout ce qu'il leur faut pour fonder une famille dans un environnement à la hauteur de leur véritable beauté.

Merci Tino et Chip-Chip pour ce moment de pur bonheur hier soir, et soyez heureux ensemble.

 



Cette espèce acclimatée semble être moins rare qu'on ne le pense.

Vous pouvez lire les commentaires et les observations d'ornithologues sur les archives de la liste de diffusion "Ornithologie"



Si vous avez des réactions, des commentaires, une expérience d'élevage ou des photos concernant cet oiseau, vos témoignages seront appréciés.

Merci de votre participation

Nous écrire


Dernière mise à jour le : 22.10.02 7:38